Les méthodes de prospection archéologique
La prospection archéologique met en œuvre des méthodes pour détecter des vestiges et mieux appréhender leur environnement. Ces méthodes sont complémentaires et précèdent dans certains cas les opérations de terrain (diagnostic, fouilles préventives ou programmées).
La prospection pédestre consiste en un ramassage d’objets archéologiques dit « mobilier » en surface à la suite des labours dans les champs. Les archéologues progressent suivant des lignes ou des carroyages de façon à repérer les objets collectés dans l’espace étudié. Ainsi des cartes de répartition spatiale par type de mobilier (céramique, terre cuite architecturale, métal, etc..) permettent de localiser de potentiels sites archéologique enfouis, mais aussi de mesurer l’intensité de la mise en valeur agricole ancienne des sols.


Les prospections géophysiques ont pour objectifs de mesurer les propriétés physiques d’un volume de sol à partir de différents procédés par injection de courant électrique ou impulsion d’ondes magnétiques, électromagnétiques (géoradar) ou élastiques (sismique) dans le sous-sol. Des anomalies sont cartographiées et peuvent être interprétées comme des vestiges anthropiques (fossés, fours, mur…) ou d’origine naturelle (paléochenaux).

Les prospections géotechniques sont dites ponctuelles. Il s’agit d’effectuer des sondages carottés à l’aide d’une tarière manuelle ou un carottier thermique. Les carottes prélevées permettent de caractériser la stratification du sol et de prélever des éléments à étudier ou à dater en laboratoire (pollens, graines, charbons de bois…) Des sondages au pénétromètre dynamique léger au PANDA® sont réalisés pour mesurer la compacité du sous-sol et détecter des couches stratigraphiques.

D’autres méthodes produisent des images et sont également exploitées comme la prospection aérienne à basse altitude ou les prospections au LIDAR. Longtemps embarqués par avion, les capteurs nécessaires aux prospections aériennes peuvent aujourd’hui être opérés par drone, permettant plus de souplesse dans les conditions d’intervention.
Le Lidar consiste à émettre depuis le ciel un faisceau laser à haute densité en direction du sol. L’essentiel du signal est bloqué par la végétation, mais une petite partie parvient à atteindre le sol, fournissant ainsi une mesure précise des modelés du terrain. Le traitement informatique de ces données permet, en zone forestière, de virtuellement supprimer les arbres et de produire des cartes des microreliefs conservés, souvent témoins d’activités humaines anciennes (habitats, parcellaires, carrières, charbonnières, etc.) antérieures à l’implantation des espaces boisés.

Pour en savoir-plus :
Laurent-Dehecq 2019 : Utilisation du pénétromètre dynamique léger PANDA® pour la détection et la caractérisation des sols anthropiques en Région Centre-Val-de-Loire
Détecter et caractériser des paléochenaux à partir de sondages carottés, mécaniques et géotechniques.
Nicolas Poirier, Florent Hautefeuille, Anna Luiza Rezende Ladeia et Émile Hautefeuille, « Archeotracker », Les nouvelles de l’archéologie [En ligne], 155 | 2019, mis en ligne le 06 septembre 2019, consulté le 29 janvier 2026. URL : http://journals.openedition.org/nda/5565
Poirier, Nicolas, François Baleux, et Carine Calastrenc. « The mapping of forested archaeological sites using UAV LiDaR. A feedback from a south-west France experiment in settlement & landscape archaeology ». Archéologies numériques 4, no 2 (2020). https://doi.org/10.21494/iste.op.2020.0556.
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Amélie Laurent-Dehecq, ingénieure de recherche au CNRS
